Le nouveau PDG, Antonio Filosa, passe en revue les 14 marques, et les chiffres de vente montrent que des noms prestigieux comme Lancia et Maserati peinent à survivre.
Alors que l'ancien PDG, Carlos Tavares, défendait farouchement le portefeuille de 14 marques du groupe Stellantis, son successeur, Antonio Filosa, s'attaque désormais à ce portefeuille avec une approche plus radicale. Tavares a géré ce vaste ensemble de marques pendant quatre ans, et selon certaines sources, Filosa analyse actuellement la viabilité à long terme de chacune d'entre elles. Face aux discussions actuelles sur la simplification des procédures administratives, la suppression de certaines marques européennes historiques n'est plus à exclure, le conglomérat étant confronté à des doublons internes et à une concurrence féroce.



Les derniers chiffres de vente révèlent un contraste saisissant entre les modèles phares et les modèles en difficulté du groupe. Les marques en volume dominent le marché : Peugeot a vendu 469 322 véhicules au cours des dix premiers mois de 2025 (5,2 % de part de marché), tandis que Citroën a enregistré 276 641 immatriculations. À l’inverse, les espoirs du segment premium stagnent. DS Automobiles a chuté de 21,2 % à seulement 25 195 unités, tandis que Lancia a dégringolé de 68,3 % à un maigre 9 844 véhicules. Même Maserati est en difficulté, avec une baisse de 17,1 % à seulement 3 538 immatriculations et une part de marché inférieure à 0,1 %. La surprise vient d’Alfa Romeo, qui a vendu 47 699 voitures, dépassant ainsi les ventes cumulées de Lancia et DS.
La stratégie d'Antonio Filosa privilégie le volume aux marges élevées, ce qui laisse présager une orientation majeure vers les modèles à bas prix et les ventes aux flottes afin de dynamiser les ventes en Europe et au Royaume-Uni. Si les maillons les plus faibles risquent d'être sacrifiés, Stellantis devrait rester plus important que son concurrent, le groupe Volkswagen, dont le portefeuille est plus ciblé (avec notamment Audi, Porsche et Skoda). À l'issue de cette restructuration, l'industrie automobile constatera quelles marques emblématiques survivront et lesquelles disparaîtront.

